Le lierre grimpant et ses vertus au double tranchant.

Nous avons tous déjà vu un arbre se faire enlacer par du lierre, parfois au point qu’on ne puisse plus distinguer son écorce. Le lierre, végétal de nos contrées, est aujourd’hui souvent relégué au rang de simple végétal d’ornement.
Ses guirlandes de feuilles d’un vert sombre trouvent des adeptes parmi ceux qui souhaitent apporter une ambiance romantique à leur jardin. Ce qu’on ne sait pas toujours, c’est que le lierre est, comme beaucoup de plantes, utilisé depuis très longtemps dans l’Histoire des Hommes pour ses vertus thérapeutiques.

Histoire et anecdotes :

Le lierre est très tôt considéré comme symbole de l’immortalité. Notamment en Egypte, ou il est généralement appelé « Arbre d’Osiris ». Sans doute que sa capacité à vivre quatre siècles n’est pas étrangère à cette appellation.
De l’autre côté de la Méditerranée, en Grèce, l’aviné Dionysos à qui on attribue généreusement la vigne comme symbole, se voit également couronné par le lierre grimpant, pour symboliser la végétation foisonnante qu’il régit.

Mais le lierre, de par sa particularité à s’attacher aux arbres et aux murs est également le symbole de la fidélité.
Cette particularité physique fait que bien souvent, l’on considère le lierre comme un tueur d’arbre. Ce qui n’est pas tout à fait vrai.
Nous l’avons vu, le lierre peut vivre jusqu’à 400 ans. De ce fait, lorsqu’un arbre à la longévité plus courte ou étant malade, meurt avant le lierre, un raccourci se fait : on pense que c’est le lierre qui l’a tué. Alors que non, le lierre n’aurait aucun intérêt à tuer l’arbre qui le supporte. Il n’est donc pas un parasite.

Dioscoride fait état du lierre. Il le conseille en interne contre plusieurs affections : la dysenterie, les ulcères, les maux de dents etc.
Au Moyen-âge, on l’utilise contre beaucoup maux également : les affections cutanées, les maux de la rate, les maux de têtes etc.

Cependant, il faut noter que la toxicité du lierre leur était connue pour ces époques. Le lierre était alors prudemment utilisé.

De ce fait, Matthiole, médecin de la Renaissance préfère se concentrer sur les usages cutanés du lierre lorsqu’il en parle. Pour ma part, j’en ferai de même du fait de la toxicité du lierre.

Entre poison et remède :

Le lierre est un végétal à double tranchant (comme beaucoup, d’ailleurs). Il est toxique dans toutes ses parties mais selon le dosage. C’est l’hédérine, principe actif du lierre, qui le rend toxique. Cette molécule est présente dans toutes les parties de la plante.

Je préfère donc avertir qu’il est préférable de ne pas employer le lierre en interne et lui préférer un substitut plus inoffensif.
Les symptômes d’une intoxication au lierre sont des vomissements, de la diarrhée, et autre troubles digestifs tel que des lésions du tube. Une intolérance cutanée peut également avoir lieu, il est alors préférable de rester attentif lors d’une utilisation per cutanée.

Si vous allez cueillir vous-même le lierre (chose que je fais), vous pourrez, après la cueillette, peut-être constater une réaction cutanée.

Je ne m’étalerai pas sur l’aperçu botanique que l’on peut en faire, car tout le monde sait à quoi ressemble le lierre. Cependant, je donne tout de même le nom latin, qui est Hedera helix, afin de le distinguer de son homologue terrestre.

Les vertus médicinales :

Je vais tout de même mentionner une ou deux propriétés internes du lierre, pour la curiosité. Je ne vous incite aucunement à en faire usage. Le lierre se trouve être expectorant, cholagogue et cholérétique.

En usage externe, le lierre peut s’utiliser contre plusieurs problèmes. A commencer par un problème qui concerne de très nombreuses femmes : la cellulite. En effet le lierre est lipolytique, c’est-à-dire qu’il permet de destocker plus facilement les graisses, des cellules lipidiques.

Le lierre est également utile contre les névralgies et les rhumatismes. Mais aussi contre les plaies et les brûlures.
Il s’utilise tout autant contre les cors et les durillons.

Comment l’utiliser ?

On peut utiliser le lierre directement. C’est-à-dire qu’on pourra faire tremper les feuilles dans de l’eau chaude (mais non bouillante) et les appliquer sur la peau, comme un cataplasme.
Ce qui est intéressant aussi, c’est d’en faire un macérât huileux à chaud, dans de l’huile d’olive.
A chaud, oui, car les feuilles de lierre sont assez dures et libèrent difficilement leurs principes actifs dans l’huile à froid.

Cette huile pourra être utilisée dans un baume, une crème etc. pour les indications que j’ai énoncé plus haut.

Pour finir :

Pour terminer, je dirai que le lierre ne devrait pas être uniquement relégué au rang de plante ornementale, même si le prétexte se situe dans sa toxicité certaine. Cependant, en maniant avec précaution l’art de la phytothérapie, on pourra très bien exploiter tout ce qu’il peut nous offrir.

Encore une fois, préférez un usage externe si vous ne pensez pas savoir doser en interne, le lierre saura tout autant être utile.

L’Apothicaire.

Sources :
– Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France.
- Jean Valnet, La phytothérapie. Se soigner par les plantes.

Images:
L’Apothicaire.

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2 réponses à Le lierre grimpant et ses vertus au double tranchant.

  1. Georges Double U dit :

    Bonsoir ,
    J’ai bien apprécié ta synthèse . J’aimerais que tu éclaires mes lanternes sur la toxicité aérienne du lierre grimpant
    Cordialement

  2. L'Apothicaire dit :

    Bonjour Georges ;)

    Qu’appelles-tu la "toxicité aérienne" ?

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