La reine des prés, souveraine contre douleurs et toxines

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Plante qui a laissé peu de traces dans l’histoire, et pourtant comme nous allons le voir, la reine des prés est d’une richesse médicinale incroyable.

Le renouveau de l’herboristerie que nous connaissons de nos jours permet ainsi de redécouvrir quelques plantes laissées un peu à l’abandon. La reine des prés a néanmoins laissé sa trace à travers l’industrie pharmaceutique, nous y reviendrons.

Longue histoire mais peu de traces :

Reine3La reine des prés est utilisée par les Hommes depuis l’Antiquité (au moins). Mais, au vu de son tropisme nordique, elle sera davantage utilisée par les peuples celtes. Les druides avaient placé la reine des prés au rang de plante sacrée.

En effet, peu de données nous sont parvenues la concernant, sur le pourtour du bassin méditerranéen. Et pour cause, étant une plante qui aime les terres humides, elle n’était que peu connue.

Au Moyen-âge, on la surnommera « herbe aux abeilles », mais ne sera que peu employée en médecine.
Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que les savants lui trouvent un véritable intérêt thérapeutique.
Albrech von Haller la décrit et en propose alors les vertus médicinales : il la conseille pour hâter « l’éruption de la rougeole et de la variole » (Fournier).

Les savants se mettent alors à vanter les mérites de la reine des prés : on l’emploi contre les problèmes gastriques, les hémorroïdes, les plaies etc.
Mais la reine des prés sera déjà tombée dans l’oubli au XIXe siècle malgré les expérimentations de quelques curieux qui préciseront ses propriétés.

En 1890, des chercheurs parviennent à isoler un composant de la reine des prés : l’acide salicylique (que l’on retrouve également dans le saule blanc). A partir de cette molécule, ils brevèteront un médicament mondialement célèbre: l’aspirine.

Petite anecdote :
Le nom latin de la reine des prés est « Spiraea ulmaria ». Et c’est à partir de « Spiraea » que le mot aspirine sera inventé.

Aujourd’hui, nous redécouvrons la reine des prés, notamment pour ses vertus drainantes : propriétés si chères aux adeptes des cures minceurs.

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Aperçu botanique et composition chimique :

Plante assez haute, pouvant atteindre entre 1m et 1m50, d’où son appellation de reine, tant elle trône sur les autres herbacées. Sa tige est cannelée et rougeâtre. Ses feuilles au vert vif sont en folioles et ressemblent à celles de l’orme (d’où son nom ulmaria). Ses fleurs sont blanches au parfum d’amande. Ses fruits s’organisent en spirale (d’où le taxon Spiraea).

La reine des prés contient entre autre de l’acide salicylique, du salicylate de méthyle, des flavonoïdes, des tanins et quelques oligoéléments tels que le fer, le soufre ou encore le calcium.

reine4Propriétés thérapeutiques :

Passons désormais aux vertus de la reine des prés et comprenons à quel point sa richesse nous est précieuse.
Grâce à sa teneur en acide salicylique la reine des prés pourra parfaitement être utilisée comme fébrifuge et analgésique (antidouleur). Tout comme l’aspirine, elle s’utilisera contre les états grippaux (courbatures, fièvre etc.), mais sans les effets secondaires que ce médicament engendre (les problèmes gastriques, notamment).

De plus, la reine des prés sera plus particulièrement utile dans les cas de douleurs rhumatismales et arthritiques, notamment grâce à son action anti-inflammatoire : la gélule sera appropriée.

Les verrues, l’acné et autres troubles cutanés pourront se résoudre grâce à la reine des prés, notamment en application locale d’une compresse imbibée d’infusion.

J’évoquais plus haut les « cures minceurs ». L’intérêt de la reine des prés n’est pas de réduire le tissu adipeux, mais plutôt d’éliminer les toxines, grâce à son action diurétique et sudorifique. En effet, en cas de perte de poids par un régime, il est important de détoxifier le corps afin que les toxines contenues dans les cellules adipeuses ne se diffusent pas dans le reste de l’organisme. Elle sera également appréciée contre les rétentions d’eau.

Les excès d’acide urique pourront également être éliminés de cette façon. Toujours dans le même registre, la reine des prés sera efficace contre les œdèmes.

Enfin, la reine des prés pourra être employée contre l’acidité gastrique ainsi que les diarrhées.

Les personnes allergiques à l’aspirine (ou plutôt, à l’acide salicylique) s’abstiendront de toute évidence d’utiliser la reine des prés.
Il faudra éviter d’utiliser la reine des prés chez la femme enceinte, allaitante et chez le nourrisson.

Pleine de ressource, la reine des prés saura nous surprendre. Effective sur de multiples facettes, comme nous venons de le voir, elle se redécouvre notamment via son action détoxifiante.
La nature nous montre à nouveau qu’il est possible de se soigner simplement et efficacement, sans se soumettre aux effets secondaires inhérents à la chimie de synthèse. Souvent méconnue, la reine des prés ne demande alors qu’à être découverte.

L’Apothicaire.

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Sources :
– Jean Valnet, La phytothérapie, se soigner par les plantes.
– P.-V. Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France.
– Collectif Larousse, Encyclopédie des plantes médicinales.

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