Solidago canadensis, l’or vert des Amérindiens.

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Aujourd’hui, on parle d’une plante peu connue et pourtant très utile. Quelque peu boudée en Europe, elle a pourtant une riche histoire sur le Nouveau Continent.
Nous allons alors essayer d’en savoir un peu plus sur cette belle plante.

Célèbre, outre-Atlantique :

En Europe, peu d’utilisations médicinales sont attestées par écrit et ce, jusqu’au Moyen-âge.
Selon Paul-Victor Fournier,  Arnaud de Villeneuve (XIIe siècle) est surement le seul à la mettre en valeur. Il la considère apte à dissoudre les calculs rénaux.
A ce titre, il est à noter que les plantes ne peuvent dissoudre les calculs. Elles facilitent cependant leur évacuation, nuance. 😉

Plus tard, Matthiole la recommande contre les hémorragies internes. Puis, d’autres auteurs suivront pour vanter les mérites de la verge d’or. Elle deviendra célèbre et considérée comme une plante fort utile. A l’époque moderne, les médecins la prescrivent comme astringent interne et comme diurétique.

Comme je le disais, oubliée en Europe, cette plante est pourtant célèbre aux Amériques. Et c’est là-bas qu’il faut s’orienter pour en apprendre un peu plus.
Comprenons tout d’abord que la verge d’or est un nom vernaculaire qui désigne deux plantes sœurs.
La verge d’or dont je parle a pour nom latin Solidago canadensis, tandis que la verge d’or native d’Europe se nomme Solidago virga-aurea.
Le solidage du Canada est implanté en Europe aux XVIIe-XVIIIe siècles. Les auteurs antérieurs parlent alors du Solidago virga-aurea (l’Européenne). Cependant, il faut noter que ces deux sœurs ont les mêmes propriétés thérapeutiques.

Le nom « Solidago » signifiant « Je rends solide », eu égard à son action cicatrisante.

Je disais, Nouveau Continent. En effet, les Amérindiens utilisaient régulièrement la verge d’or pour soigner divers maux, notamment les morsures de serpent. Pour donner quelques exemples, voici quelques usages traditionnels amérindiens.
Les Iroquois l’utilisaient en infusion comme analgésique, ainsi que contre les troubles gastro-intestinaux et du foie.
Les Obijwés l’utilisent en compresse humide contre les brûlures et les ulcères.
Les Algonquins l’emploient en infusion contre la fièvre.
Les Zunis boivent le jus du solidage contre les maux de la gorge.

Malheureusement peu d’utilisation par nos ancêtres du Vieux Continent, et peu de traces écrites venant des tribus Amérindiennes, je ne puis vous transmettre que ces sommaires informations historiques.

Botanique :

solidago2La verge d’or du Canada est une plante à rhizome pouvant atteindre 2.50m. Sa haute tige, d’un vert clair, porte des feuilles alternes et allongées. Les capitules floraux sont formés en grappes et sont d’un jaune lumineux. La floraison de la verge d’or se fait fin août, début septembre. Elle permet alors aux prés, jardins et friches de s’illuminer encore pour quelques temps avant de s’assoupir en plein automne. Elle est parfois considérée comme une plante invasive de par ses rhizomes qui lui permettent une expansion rapide. Elle aime les sols humides et les températures moyennes.

La verge d’or contient de l’huile essentielle, de l’acide caféique, salicylique, vanillique. Des flavonoides tels que la rutine, la nicotiflorine, la quercétine. Elle contient également de la saponine et des tanins.

Propriétés thérapeutiques :

Comme énoncé plus haut, selon l’usage traditionnel, elle est employée comme diurétique. Propriétés confirmée par la science.

Son nom pour le moins loquace (Verge d’or) nous indique qu’elle est un très bon allié durant une cure détox, aux côtés des feuilles de cassis ou de l’aubier de tilleul, par exemple.
Elle aidera ainsi à détoxifier le foie et les reins. De plus, elle permettra l’élimination de l’acide urique (intéressante donc, en cas de crise de goutte).

Elle pourra tout à fait être utilisée en lotion pour prendre soin des peaux grasses, grâce à son pouvoir astringent.
Jean Valnet propose une recette de sirop contre l’entérite du nourrisson : 100g de fleurs de solidage, 1kg d’eau et 1.5kg de sucre. Il faudra faire une décoction de la plante pendant 10 minutes puis la laisser infuser pendant 12 heures. Après filtrage, y dissoudre le sucre.

La verge d’or sera également efficace comme carminative.
On pourra l’employer en gargarisme contre les enrouements ou en cataplasme sur les piqûres d’insectes et permet la cicatrisation des plaies.

Faiblement employée autrefois, timidement aujourd’hui en Europe, la verge d’or recèle quelques propriétés très intéressantes, notamment en ce qui concerne son action dépurative. Considérée comme invasive, je pense qu’on a tout à gagner à la laisser s’épanouir pour pouvoir pleinement profiter de ses bienfaits.
Plante mellifère, il faudra veiller à laisser quelques grappes pendant la récolte, rappelez-vous, les abeilles sont menacées. Aux côtés du pissenlit, de l’ortie, du cassis, de l’aubier de tilleul, de la sève de bouleau, voilà que la verge d’or se prête très bien à gommer nos excès !

L’Apothicaire.

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Sources :
– Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France.
– Jean Valnet, La phytothérapie. Se soigner par les plantes.
– M-E Bradette Hébert, Etude du potentiel biopharmaceutique du Solidago canadensis Linné.
– cnrtl.fr

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