Le romarin officinal, purifie le corps et l’esprit

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Bonjour amis lecteurs !
Chez L’Apothicaire, nous abordons le romarin officinal et toutes ses bonnes vertus ! Nous commencerons, comme d’habitude, par faire un petit tour d’horizon de l’histoire de cette belle plante, puis nous nous pencherons sur ses vertus thérapeutiques. Que ce soit pour ses huiles essentielles (oui, plusieurs huiles essentielles sont tirées de plusieurs romarins) ou pour la plante dans son ensemble, nous éclairerons les points principaux qui concernent son utilisation.

Une antique utilisation,

Depuis l’Égypte Antique le romarin est très bien considéré par les Hommes. Cette plante aromatique est déjà présente dans les rites funéraires qui ponctuent le quotidien des égyptiens. En effet, des branches de romarin sont retrouvées dans certaines tombes, ce qui atteste d’une importance avérée de la plante dans la culture religieuse égyptienne.

Plus au Nord dans le Bassin Méditerranéen, le romarin avait également de l’importance pour les grecs. Il avait la réputation d’aider les élèves à mieux étudier et assimiler les connaissances de leurs maîtres. D’ailleurs, cela est vérifié par les recherches actuelles, comme nous le verrons plus tard.
Mais le romarin avait également la réputation de stimuler la fertilité : il était alors porté sur les cheveux des mariées lors de leurs cérémonies.

Tractatus de herbisAu Moyen-âge, le romarin gagne encore en célébrité. Il prend une dimension plus chrétienne. Pour cela, référons-nous à l’origine du nom : romarin viendrait du latin « Rosmarinus » : la rose des mers. Cela car le romarin pousse allègrement sur le pourtour méditerranéen.
Mais, revenons-en au christianisme. Il est raconté que la Vierge Marie, pendant sa fuite en Égypte, se serait reposée près d’un romarin. Celui-ci, aux fleurs originellement blanches, a été recouvert par la cape bleue de la plus sainte des femmes. Marquées par ce geste, les fleurs du romarin ont désormais la couleur de cette cape.
Cette anecdote justifie le nom de Rosmarinus : la Rose de Marie.

Toujours au Moyen-âge, le romarin fait partie du Capitulaire de Villis et sera ainsi cultivé sur toutes les terres domaniales.
Hildegarde de Bingen aura cerné quelques propriétés médicinales du romarin. Notamment son action sur la sphère pulmonaire en déclarant que les branches de romarin sont utilisés en fumigation « afin que leur bonne odeur passe jusqu’au poumon ».

Plus tard, l’Eau de Hongrie, substance naviguant entre parfum et médicament, rencontrera un vif succès en Europe. Cette Eau est réalisée à partir d’un alcoolat de romarin distillé. Sa recette initiale daterait du XIVe siècle. La reine de Hongrie, Dona Isabelle lui a donné son nom : cette reine, âgée et infirme se trouvera guérie et rajeunie grâce à cette eau.
La nouvelle fait le tour de l’Europe et même plus tard, Louis XIV se fera soigner ses douleurs articulaires par l’Eau de Hongrie. En faisant quelques émules, la formulation de cette eau évoluera pour contenir toujours plus d’ingrédients telles que la lavande, la bergamote ou encore le jasmin.

Le romarin se voit encore mis en valeur par d’autres préparations parfumées, comme la très fameuse Eau de Cologne.

Aujourd’hui encore, le romarin est surtout utilisé par les parfumeurs pour apporter aux parfums une note fraîche et résineuse, qui rappelle agréablement l’encens (oliban). A ce propos, c’est par cette note évocatrice de l’encens que le romarin se voit parfois affublé du nom d’encensoir.

Au-delà de la parfumerie, le romarin est nettement plus connu aujourd’hui sur les grillades et dans les marinades. Très utilisé dans la cuisine méditerranéenne, le romarin reste l’aromate incontournable.

Focus botanique : romarin3

Rosmarinus officinalis est un arbrisseau de la famille des Lamiacées. Il est originaire du Bassin Méditerranéen. Un arbrisseau qui peut atteindre un peu plus d’1 mètre de haut. Ses feuilles sont dites persistantes car elles résistent au froid de l’hiver et au manque de soleil. Elles sont fines et longues, d’un vert profond sur le dessus, et beaucoup plus clair au-dessous.  Ses fleurs, formant ensemble des grappes, vont d’un bleu mauve à un violet bien franc.

Il convient de rappeler que le romarin utilisé en aromathérapie se répartit en 3 variétés :

  • 1-8 cinéole
  • Camphre
  • Verbénone

Ces trois termes désignent le chémotype de l’huile essentielle : c’est-à-dire,  la molécule qui est plus particulièrement présente par rapport à d’autres, dans la même huile essentielle, selon sa proportion.
En fonction du chémotype, l’huile essentielle ne sera pas utilisée selon les mêmes indications thérapeutiques. Pour en savoir un peu plus, je vous conseille l’article que j’ai rédigé à propos de l’aromathérapie.

En phytothérapie, le chémotype est moins important, car les molécules ne se présentent pas sous les mêmes concentrations : leurs effets particuliers sont donc tamponnés.
Les propriétés générales de la plante l’emportent sur le chémotype.

Composition générale du romarin :

Le romarin officinal peut contenir du cinéole, du camphre, de verbénone, du bornéol, de l’alpha-pinène, du camphène, du béta-caryophyllène. Mais aussi des tanins, de la résine, de l’acide rosmarinique etc.

romarin4Propriétés thérapeutiques :

D’un point de vue global, les propriétés suivantes se rencontrent avec les 3 chémotypes (huiles essentielles) ainsi que la plante utilisée telle quelle (tisane, gélule, teinture).

Le romarin se révèle être un bon antiseptique mais également béchique, utile en tisane en cas de toux. De plus, il se révèle être un bon fluidifiant bronchique. A ce titre, il est intéressant de savoir qu’un miel de romarin est disponible grâce aux abeilles. Il allie à merveille les propriétés du miel et celles du romarin, et permet également de traiter les toux.
Le romarin est également antispasmodique digestif, antidiarrhéique, carminatif et dépuratif.
On pourra également l’utiliser comme anti-inflammatoire et astringent.
Il permet en outre de soulager les angoisses. L’acide rosmarinique contenu dans le romarin contribue à un effet antioxydant notoire.

Venons-en aux propriétés plus spécifiques des chémotypes des huiles essentielles de romarin.

1,8 Cinéole : il s’agit de l’eucalyptol.
Le romarin à cinéole permet une très bonne action antibactérienne, mais également antivirale et fongicide. Il est utilisé comme expectorant et mucolytique en cas d’obstruction bronchique. A ce titre, il sera très approprié en cas de pathologies ORL et autres infections hivernales.

Le romarin à cinéole est également utilisé comme équilibrant nerveux en cas d’asthénie physique et intellectuelle. Il aide également, par cet équilibre, à mieux mémoriser les choses. Utile donc, pour tout étudiant quel qu’il soit.

Cette huile essentielle présente peu de toxicité, il est néanmoins préférable de la diluer avant toute utilisation. Ses propriétés seront nettement mises en valeur en inhalation, en diffusion atmosphérique mais aussi en baume pectoral, sirop ou encore en pastilles pour la gorge.

Camphre :
Le romarin à camphre se trouve être mucolytique lui aussi mais surtout cholérétique et cholagogue. Ces dernières propriétés seront intéressantes en cas de problèmes digestifs (hépatiques).
Il sera utilisé comme antalgique et antirhumatismal grâce à sa richesse en camphre.
A faible dose, le romarin à camphre aura une action tonique générale. Mais à dose plus élevée, il aura une action myorelaxante, id est, une relaxation neuromusculaire.romarin5

Enfin, le romarin à camphre a également les propriétés d’être lipolytique et emménagogue.
Attention cependant : le romarin à camphre est neurotoxique et abortif, il est impératif de se tourner vers un professionnel pour établir un dosage approprié. Les conséquences peuvent être irréversibles.

Les femmes enceintes, allaitant et les enfants ne doivent pas utiliser cette huile essentielle.
Le romarin à camphre sera utilisée de façon plus appropriée à travers la réalisation de baumes ou de crèmes aux côtés d’autres huiles essentielles qui viendront renforcer l’action décontractante et antirhumatismale.

Verbénone :
Le romarin à verbénone présente quelques caractéristiques communes avec le cinéole : il est un bon anti-infectieux et est mucolytique. De même qu’il pourra être utilisé par voie topique comme cicatrisant. Il équilibre également le système nerveux en cas de surmenage ou de léthargie.

La particularité de ce chémotype est qu’il contribue à la régénération cellulaire du foie tout en favorisant son drainage.
Le romarin à verbénone sera également très intéressant pour la peau en prévenant les rides, en traitant la couperose, l’acné, les varices ou encore la séborrhée.

En diffusion atmosphérique, il sera utile contre la dépression.
Enfin, c’est un très bon régulateur endocrinien.

Là aussi, attention, cette huile essentielle est neurotoxique et abortive. Elle ne sera donc pas utilisée chez la femme enceinte ou allaitante. Les personnes atteinte d’une maladie homono-dépendante ne pourront pas l’utiliser. De même qu’une précaution toute particulière devra être portée sur les dosages.

Propriétés émotionnelles :

D’un point de vue plus subtil, j’aborderai les propriétés du romarin à cinéole sur les émotions.
C’est avant tout une huile essentielle qui permet de clarifier le mental en chassant toutes les pensées futiles et superflues. Elle permet ainsi de ce se concentrer sur l’essentiel. A ce titre, elle est indiquée en cas de période de doutes induite par une situation qui demande de prendre une décision importante. Elle permet également, en ayant l’esprit clair, de résoudre les problèmes et de faire face aux aléas de la vie.

Toujours selon cet esprit clair, le romarin à cinéole permettra d’exprimer ses idées de façon claire et intelligible. Elle donne de la structure.

L’huile essentielle de romarin à cinéole permet aussi d’apaiser les colères, de rassurer les anxieux et d’équilibrer les émotions d’une manière générale : permet de faire la part des choses et de ne pas hypertrophier nos émotions face à une situation, sans pour autant les refouler.

Mais aussi, elle pourra induire une certaine ouverture d’esprit à quiconque se laissera envelopper par sa fraîche odeur.

Aux multiples utilisations, nous avons vu que le romarin regorge de bénéfices. Cette plante tant utilisée en cuisine mérite qu’on la réintègre plus souvent en thérapeutique physique et émotionnelle.
Qu’il soit utilisé en tisane, en gélule ou via ses huiles essentielles, le romarin a beaucoup à nous donner. Comme évoqué plus haut, les divers chémotypes existant pour le romarin doivent nous inciter à la prudence. L’aromathérapie n’est pas une discipline approximative. N’hésitez pas à doubler vos lectures et à les diversifier pour éviter tout accident.
Personnellement, si vous n’êtes pas familier des dosages en aromathérapie ou n’en n’êtes pas sûr, je vous conseille de vous reporter sur le cinéole. Pour les propriétés propres au romarin à camphre et à verbénone, préférez vous orienter vers des huiles essentielles aux propriétés similaires mais moins dangereuses.

L’Apothicaire.

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Sources :
– Jean Valnet, L’aromathérapie.
– Fabienne Millet, Le guide marabout des huiles essentielles.
– G. Gérault, R. Mary, Le guide de l’aromathérapie.
– A. Zhiri, D. Baudoux, Huiles essentielles chémotypées et leurs synergies.
– M. Chastrette, Histoire des grands parfums anciens et moins anciens.
– P.-V. Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France.

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