La molène, précieuse pectorale

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Bonjour amis lecteurs ! J’aborde avec vous une plante très intéressante, quelque peu oubliée, mais qui reste célèbre chez les herboristes : la molène. Autrement nommée « bouillon blanc », la molène fait partie des plantes pectorales, eu égard à ses propriétés que nous définirons plus loin.

Déjà utilisée pendant l’Antiquité, la molène était conseillée par Hippocrate, qui voyait chez elle un potentiel « vulnéraire » (soigne et cicatrise les blessures). D’autres savants du même acabit confèreront à la molène la particularité de calmer les maux qui affectent les poumons. Ainsi, Dioscoride et Pline l’Ancien la considéreront ainsi.

Un peu plus tard, durant l’époque médiévale, Hildegarde von Bingen conseillera également la molène, comme ses homologues, pour soigner le « mal dans la poitrine ».

Plus récemment, c’est le Dr Henri Leclerc qui déclarera qui a « vu plus d’un vieil asthmatique soulagé par l’usage de son infusion qui paraît exercer une légère action narcotique ».

mullein2Jean Valnet quant à lui, intègrera la molène dans une préparation (tisane) aux côtés de la violette et de la mauve, pour soulager les poumons.

Petit point botanique :

Il existe plusieurs molènes. Celle qui nous intéresse pour cet article a pour nom latin Verbascum thapsus L.. Mais les propriétés des autres molènes sont généralement proches de ce que nous verrons.

La molène fait partie des Scrofulariacées, sa tige qui pousse après la deuxième année peut atteindre 2 mètres de haut. Ses feuilles sont larges et longues, assez duveteuses.
Elles forment en premier lieu une espèce de rosace au ras du sol. Lorsque la tige s’élève, d’autres feuilles alternes viennent la ponctuer, moins longues et moins larges ceci-dit.
Sur le haut de la tige, se développent, en épi, des fleurs d’un jaune vif. Elles génèrent ensuite une capsule qui contient des graines noires. Ces graines sont toxiques, elles ne sont donc pas concernées dans cet article.

Si vous souhaitez récolter la molène faite le avant formation des capsules et assurez vous après récolte, qu’il n’y a aucune graine.

Vous pourrez également vous retrouver face à la molène nous d’autres noms : bouillon blanc, comme nous l’avons vu, mais aussi Cierge de Notre-Dame, Oreille de Saint Cloud, Herbe de Saint Fiacre, Queue de Loup etc.

Molène nous vient du mot « Mol », signifiant « mou », en référence à toucher duveteux de ses feuilles.
Nous utiliserons les fleurs de molène. Bien que les feuilles et les racines sont également l’objet d’utilisations thérapeutiques.

Composition des fleurs de molène :

Elle contient entre autre du mucilage, des caroténoides, des sucres, des flavonoïdes et saponosides, un phytostérol et un tout petit peu d’huile essentielle.

Propriétés thérapeutiques :mullein3

Incontestablement, la molène est une plante intéressante pour la sphère pulmonaire. Elles se trouve être mucolytique (fluidifie le mucus). Elle est aussi expectorante, c’est-à-dire qu’elle facilite l’expulsion du mucus. Elle sera alors intéressante lors de bronchites ou pour les asthmatiques.

Elle est également adoucissante et émolliente. A ce titre, elle sera tout à fait indiquée en cas de toux sèche mais aussi en cas de pharyngite ou laryngite.
D’ailleurs, il est possible d’en réaliser un sirop.
Pour ce faire, réalisez une infusion couverte de molène. Laissez reposer l’infusion pendant quelques heures. Puis filtrez. Remettre à chauffer, très légèrement, et intégrer du sucre au même poids que l’infusion. Le sucre doit être complètement dissout et la consistance doit être sirupeuse. Embouteillez.

Les inflammations cutanées, les dartres ainsi que les hémorroïdes bénéficieront de ce caractère adoucissant, notamment en compresse ou cataplasme.

Les inflammations de l’intestin en seront également soulagées.
Signalons au passage que la molène est également diurétique et traite l’inflammation lors de cystites.

Petite précision, lors que vous souhaiterez boire une infusion de molène pensez à la filtrer. En effet, la molène comporte quelques poils qui peuvent irriter la gorge s’ils ne sont pas retirés.

Pour terminer,

Aux côtés du coquelicot, de la mauve, du tussilage ou encore de la violette, la molène est particulièrement intéressante contre les maux de l’hiver, mais aussi contre les inflammations en tout genre. Sans danger quelconque (ses graines mises à part), elle fera partie de la petite pharmacie végétale de la famille. D’utilisation millénaire, la molène reste donc un des classiques particulièrement efficace de notre pharmacopée.

L’Apothicaire.

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Sources images :
– C.A.M Lindman, Bilder ur Nordens Flora.
– livingafield.com
– researchonmedical.com

Sources :
– Jean Valnet, La phytothérapie, se soigner par les plantes.
– Fabrice Bardeau, La pharmacie du Bon Dieu.
– Paul Ferris, Les remèdes de Santé d’Hildegarde de Bingen.
– P.-V. Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France.
– F.-J. Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes et acclimatées. (4e édition – 1876)

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