Shampoings solides: le purifiant et le fortifiant

solidintro

Hello ! Me revoici pour partager avec vous une recette formidable, qui pourrait faire des adeptes ! J’ai nommé : le shampoing solide. Alors on pourrait me dire : comment ça ? Effectivement, nous sommes habitués aux shampoings classiques en gels ou en crème que l’on trouve désormais partout dans le commerce. Ceux-ci ont leurs avantages, mais présentent tout de même quelques inconvénients. Des inconvénients qui se situent tant au niveau écologique qu’au niveau économique.

Bien que l’on puisse trouver des bases neutres pour réaliser ses propres shampoings, ou même fabriquer son propre savon liquide, je vous expose ici un pas à pas pour vous expliquer en détails le pourquoi du comment des shampoings solides.

Comme on peut le voir sur la photo introductive, les shampoings solides se présentent sous forme de palets. On pourra en trouver sous diverses formes, qui varient selon les moules employés lors de la fabrication.
Peu connu du public, les shampoings solides se frayent peu à peu un chemin, au vu des avantages qu’ils incarnent. Généralement, les personnes connaissant ces shampoings sont coutumiers des produits « Lush », cette marque cosmétique qui met l’accent sur les produits « frais et faits main ».
À travers cet article, nous verrons qu’il est aisé de les fabriquer soi-même, avec quelques ingrédients indispensables et qui permettent une personnalisation presque infinie du produit.

Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’un shampoing solide et quels sont ses avantages ?
Un shampoing solide est constitué de tensioactifs solides, sous forme de grains ou de poudres que l’on mêle à d’autres ingrédients (huiles et/ou eau) et auxquels on ajoute des actifs en vue de bénéficier de leurs propriétés bien spécifiques.

Les avantages sont multiples. En effet, un shampoing solide dure très longtemps. À ce titre, un simple palet est équivalent à 3 ou 4 bouteilles de shampoing ! Tout dépendra de la taille du palet. Ce qui en fait un produit très économique.
Mais aussi, il est constitué d’ingrédients naturels et biodégradables, et ne nécessite pas d’emballage : nous avons là un avantage écologique certain.
Ajoutons qu’il est personnalisable à souhait : on a alors l’avantage de bénéficier d’un produit qui nous correspond totalement. Ce qui est impossible avec ce qu’on trouve dans le commerce.
Enfin, sa petite taille permet de le transporter très facilement (lors de voyages par exemple), de même que son aspect solide permet d’évider les accidents de type « bouteille qui explose dans les bagages ».

Bref, on l’aura compris, le shampoing solide a tout d’un produit qu’il faut adopter !
Pour illustrer ce pas à pas, j’ai choisi de fabriquer deux types de shampoing : le premier est dit « purifiant », c’est-à-dire qu’il permettra d’assainir le cuir chevelu. Il aura une action contre l’excès de sébum, mais également contre les pellicules.
Le deuxième est dit « fortifiant » : il permettra de redonner force et vigueur au cuir chevelu et aux cheveux.

Maintenant que nous avons éclairci ces quelques points, nous allons passer à la formulation dans le détail. J’expliquerai donc l’intérêt de chaque ingrédient, puis, je détaillerai le modus operandi. Nous le verrons, la réalisation est un jeu d’enfant.

FORMULE SHAMPOING PURIFIANT :

SCS (Sodium Coco Sulfate) : 30%
SCI (Sodium Coco Isethionate) : 30%
SLSA (Sodium Lauryl Sulfoacétate) : 10%
Ghassoul : 2%

HV olive : 11%
Infusion d’ortie dioïque : 8%
HEs (Romarin cinéole, eucalyptus globulus, genévrier, vétiver) : 5%
Lécithine de soja : 3%
Conservateur : 0.6%
Menthol : 0.4%
Chlorophylle (colorant à volonté)
Acide lactique (dosage à voir plus bas dans le détail)

Cette formule paraît quelque peu ésotérique de prime abord. Chassons alors la brume pour mieux comprendre. On constate tout d’abord 4 noms barbares en tête de liste. Il s’agit de tensioactifs solides.
Pour rappel, un tensioactif est une substance à la fois hydrophile et lipophile. Il a donc une affinité avec l’eau et l’huile. Mais ici, ils ont également une forte capacité moussante. Les tensioactifs sont donc des détergents très intéressants. Ils nettoient comme du savon, mais n’en sont pas.
Les trois tensioactifs (SCS-SCI-SLSA) sont tous dérivés du coco et sont également plus facilement biodégradables (contrairement à ce qu’on trouve dans le commerce).
Leur intérêt ici est qu’ils soient solides, ils donneront alors notre texture au shampoing.
Adjoint à ces ingrédients solides, le ghassoul*. Sa belle affinité avec la peau et les cheveux ainsi que son action détergente et kératolytique en font un ingrédient de choix dans un shampoing purifiant.

L’huile d’olive* est intégrée au shampoing pour empêcher le dessèchement du cheveu durant le lavage, de même qu’elle permettra de mieux homogénéiser la pâte que l’on réalisera. L’olive est assez neutre, mais si vous le souhaitez, vous pouvez choisir celle qui vous plait.

L’ortie* est très intéressante pour le cheveu. Elle est traditionnellement employée pour fortifier le cheveu et ralentir sa chute. De même que les minéraux qu’elle contient peuvent être intéressant lorsque appliqués sur les cheveux. Pour réaliser l’infusion prélevez une part de poudre d’ortie pour 4 parts d’eau frémissante. Laissez infuser 5 minutes à couvert puis filtrez à l’aide de gaze et de coton pour retirer toutes les résidus végétaux.

Les huiles essentielles choisies sont toutes indiquées dans notre shampoing. Le romarin à cinéole* et le genévrier assainissent à merveille le cuir chevelu et lutte contre la séborrhée. L’eucalyptus globulus permet une action anti-démangeaison. Le vétiver vient ici renforcer le cheveu en favorisant une bonne circulation sanguine au niveau du cuir chevelu.
J’ai préféré doser ces essences à hauteur de 5% pour avoir un effet notable, mais je me suis abstenu de les doser davantage, car le shampoing s’utilise régulièrement et sur le long terme. Pour un tel usage, on évitera d’employer de forts dosages d’huiles essentielles pour ne pas agresser la peau.

La lécithine de soja n’est pas indispensable dans ce shampoing mais apporte néanmoins un confort indéniable. Issue du soja, d’autres formes de lécithine existent : les œufs en contiennent également. Et on sait à quel point les shampoing aux œufs sont bénéfiques. La lécithine est alors émolliente et filmogène, ce qui signifie qu’elle assouplit les tissus et empêche leur déshydratation : donc intéressante après une douche à l’eau calcaire par exemple.

Au même titre que l’eucalyptus globulus, le menthol est ici pour offrir une action anti-démangeaison. Je ne l’ai pas trop dosé pour éviter un quelconque « effet glaçon » qui pourrait parfois déplaire. La chlorophylle n’est là que pour donner une belle couleur à notre shampoing.

L’acide lactique est ici pour deux raisons. Premièrement, il faut savoir qu’un Ph normal pour les cheveux se situe entre 5.5 et 6. L’acide lactique va permettre de baisser le Ph de la préparation s’il est trop élevé. Mais il est également kératolytique, donc utile contre les pellicules. Pour le dosage, j’expliquerai plus bas.

Maintenant que nous avons observé en détail les ingrédients nécessaires et leurs intérêts, passons, si vous le voulez bien, à la mise en pratique de la recette.

* Cliquez sur les mots comportant un astérisque pour en savoir plus.

Modus operandi :

J’explique la réalisation et plus bas, je vous illustre les étapes.

Premièrement et comme toujours, veillez à nettoyez correctement tous vos ustensiles, votre plan de travail ainsi que vos mains (portez des gants si vous le souhaitez).
Nous commencerons par les tensioactifs solides. Vous les pèserez grâce à une balance de précision. Le SCS se présente sous forme de vermicelles tandis que le SCI est sous forme de petits granules. Pour une meilleure homogénéisation des poudres, il est préférable de moudre ces poudres. J’ai personnellement utilisé un moulin à café électrique. Je vous conseille très vivement de porter un masque ou un torchon humide sur votre nez et votre bouche. En effet, ces tensioactifs sont particulièrement pulvérulents et peuvent dégager un nuage de fine poudre lors de la manipulation. Ce qui fait qu’ils peuvent très facilement être inhalés et provoquer des toussotements.

Une fois pulvérisés, placez ces deux poudres dans un bol, ajoutez le SLSA et le ghassoul. Puis mélangez pour homogénéiser les poudres [1]. Pesez l’infusion, y disperser la chlorophylle et ajoutez-là aux poudres. Pesez désormais votre quantité d’huile et ajoutez-y les cristaux de menthol.
Mélangez bien jusqu’à ce qu’ils fondent dans l’huile. Une fois fait, ajoutez la lécithine de soja et homogénéisez. Ajoutez cette phase huileuse aux poudres [2]. À l’aide d’une maryse ou d’une cuillère, mélangez le tout pour former une pâte la plus lisse possible [3].

Désormais, il est temps de passer à la l’étape de la chauffe pour correctement lier le tout. Il est à noter qu’initialement, ces tensioactifs solides ne fondent pas complètement. Ils se ramollissent pour s’agglomérer. C’est pourquoi j’ai préféré les réduire en fine poudre : cela permet d’obtenir une pâte plus lisse.
Placez donc votre bol contenant la pâte dans un bain-marie. Mélangez régulièrement pour bien répartir la chaleur et permettre une fonte optimale. Une fois que vous observez que la texture est plutôt fine, vous pouvez sortir l’ensemble du bain [4]. Il faudra attendre que la pâte refroidisse un peu avant d’y ajouter les huiles essentielles ainsi que le conservateur, sensibles à la chaleur. Mais n’attendez pas que la pâte soit entièrement froide ! Autrement, elle se solidifiera et ne sera plus très maniable. Si vous avez un thermomètre de cuisson, vous attendrez que la pâte atteigne environ 40°C, sinon, attendez de pouvoir toucher le bol avec vos mains sans vous brûler.

Dès que la température le permet, ajoutez vos huiles essentielles et mélangez pour homogénéiser l’ensemble [5]. Puis, ajoutez le conservateur et faites de même. À ce moment, il vous est possible de tester grâce à une petite bandelette, le Ph de votre préparation.
De mon côté, j’étais environ à 6.5. J’ai donc ajouté 5 gouttes d’acide lactique, pour 200g de préparation, afin de le faire baisser à 6.

Enfin, il ne vous reste plus qu’à mouler la pâte pour lui donner sa forme définitive. Choisissez n’importe quel moule, mais veillez à utiliser un moule plutôt rigide. Cela facilitera le moulage. Personnellement, j’ai utilisé un emporte pièce métallique rond. Comme vous le verrez sur la photo, il suffit de déposer de la pâte dans le moule et de bien tasser avec vos doigts pour compacter le tout [6].

N’hésitez pas à bien appuyer pour éviter de créer des trous (sur les côtés notamment). Mais, s’il y a quelques imperfections, ce n’est pas grave. La preuve, les miens ne sont pas parfaits. Cela donnera un petit côté rustique qui peut être bien sympathique pour un produit artisanal.
Pour la déco, j’ai placé quelques feuilles de romarin séché dans le fond du moule et j’ai ensuite déposé la pâte.

Et voilà ! Il ne reste plus qu’à mettre votre shampoing au congélateur pendant 30 minutes pour pouvoir le démouler ensuite. Une fois démoulé, vous laisserez le shampoing sécher 48 heures avant la première utilisation. Cela lui permettra d’être bien dur et de ne pas se ramollir sous la douche.

Petite précision au passage : je me suis tablé sur 11% d’huile, ce qui s’est révélé être un peu trop. Lors du séchage, j’ai remarqué très vite que le shampoing suintait un peu. Si vous observez cela, pas de panique, il suffit d’appliquer un peu de fleur de maïs sur le shampoing et tout se résorbera très vite.
Mais étant donné que le shampoing sera utilisé sous la douche, à ce niveau, qu’il suinte ou non n’a que peu d’importance.
Si vous ne souhaitez pas cela, abaissez le pourcentage d’huile à 5% et ajoutez ces 6% enlevés, au ghassoul (celui-ci sera alors à hauteur de 8%).

Côté odeur, on est sur un parfum très frais et vivifiant ! Cette fraicheur végétale apportées par les huiles essentielles correspond bien aux propriétés du shampoing.

Alors, maintenant que je vous ai raconté les étapes, je vous les illustre pour mieux comprendre.

solid1solid4

Passons désormais à la deuxième recette de ce tutoriel. Nous ne reviendrons pas sur les détails de la réalisation, car elles sont les mêmes.

FORMULE SHAMPOING FORTIFIANT :

SCS : 30%
SCI : 30%
SLSA : 19%
Ghassoul : 3%

Eau : 8%
Caprilys : 4%
Lécithine de soja : 3%
HEs (ylang-ylang, patchouli) : 1.3%
Arôme alimentaire jasmin : 0.6%
Conservateur : 0.6%
Colorant jaune
Acide lactique

Pour la préparation, faites comme décrit plus haut.
Ici, les huiles essentielles d’ylang-ylang* et de patchouli ont les propriétés de fortifier les cheveux par le bulbe. L’ylang-ylang traite également les séborrhées et le patchouli favorise la circulation sanguine (ce qui permet de renforcer le cheveu). Mais ici, leur dosage n’est pas très élevé. En effet, je n’ai pas voulu le charger, car j’utiliserai déjà un shampoing très actif (le purifiant). Pour éviter de surcharger le cuir chevelu en actifs, j’ai préféré limiter le dosage.

L’alliance de ces essences avec l’arôme de jasmin est juste sublime ! Le parfum est incroyable ! Ce shampoing est alors un pur plaisir olfactif sous la douche.

* Cliquez sur les mots comportant un astérisque pour en savoir plus.

Utiliser et conserver les shampoings solides.

Pour cela, rien de plus simple. Sous la douche, il vous suffit de prendre le shampoing solide et de le frotter sur vos cheveux mouillés. En faisant ainsi, vous obtiendrez une mousse particulièrement dense et généreuse : de quoi bien nettoyer vos tifs !
Une fois que vous avez assez de mousse sur les cheveux, massez votre cuir chevelu comme à l’habitude, pendant 1 à 2 minutes, puis rincez.

Ces deux shampoings sont à alterner. Une fois le purifiant, une fois le fortifiant.
Pour les conserver, il faut les placer dans une petite boite refermable. Cela empêchera le shampoing d’être en contact prolongé avec l’eau. Autrement, il risque de se ramollir, voir de fondre : vous n’aurez plus grand-chose, très rapidement. Optez pour une boîte de diamètre plus large d’au moins 1.5cm ou 2. En effet, après avoir utilisé votre shampoing, vous l’aurez égoutté sur le coin de votre baignoire ou de votre douche.
Mais il sera tout de même un peu humide. Il risque de coller au fond de la boîte lorsque vous l’y placerez. Si votre shampoing rentre tout juste dans la boîte, vous aurez du mal à le saisir pour le décoller. Avoir 2cm d’espace pour insérer votre doigt et le retirer en douceur n’est donc pas du luxe. ^^

solidboite

Le produit à adopter !

Comme nous l’avons vu, la fabrication d’un shampoing solide n’est pas très compliquée. Les ingrédients peuvent paraître peu accessibles, en réalité, on les trouve facilement sur internet, et pour des prix dérisoires.

Je l’ai évoqué plus haut dans l’article, ce type de shampoing présente de multiples intérêts.
Ils durent plus longtemps, nécessitent moins d’emballages, est facilement transportable et est personnalisable à souhait ! Autant d’arguments qui poussent à s’y mettre ! Le shampoing solide a donc parfaitement sa place dans la salle de bain !
J’avais déjà entendu parler de ces shampoings il y a de cela plus d’un an.

Mais je n’avais pas accroché et ne m’y étais pas intéressé plus que ça.
Puis, je m’y suis penché par curiosité et je me suis lancé.
Je ne regrette pas d’avoir enfin sauté le pas !

L’Apothicaire. 🙂

solidccl

Publicités
Cet article, publié dans Hygiène & Soins du corps, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Shampoings solides: le purifiant et le fortifiant

  1. Bonjour, c’est une bonne idée ça, proposez une alternative … dommage que ce qui est proposé ici ne soit pas des savons mais comme dit dans le texte « Les tensioactifs sont donc des détergents très intéressants. Ils nettoient comme du savon, mais n’en sont pas. » C’est vrai, ce sont des produits obtenus par cracking pétroliers. Vous voulez savoir ou trouver du SLSA ? Dans vos produits a nettoyer le sol (ajax, Mr propre, …) ou dans vos gels douches (si,si, lisez les étiquettes). Sinon, pour le reste, c’est bien (à part le conservateur que l’on ne sait pas d’où il vient). Donc au final, c’est comme de mettre du beurre de ferme sur un pain industriel . Mais c’est déjà un bon début et je ne suis pas du tout en train de critiquer même si le texte semble l’être. Il faut un début a tout et faire du vrai savon n’est pas aussi facile.

    Donc bonne entreprise et continuez … ceci permettra peut-être a certaine personnes d’aller un peu plus loin et d’éviter complètements les produits cités plus haut.

    • L'Apothicaire dit :

      Bonjour Bernard Christophe et merci pour votre commentaire.

      Je ne sais pas si ces tensioactifs sont issus d’un cracking pétrolier comme vous dites, ce qui est sûr c’est qu’ils sont des dérivés sulfatés du coco. Ils ne sont donc pas 100% naturels mais sont de très bonnes alternatives aux tensioactifs que l’ont trouve habituellement dans nos produits.

      De même que le conservateur employé ici (Cosgard): il impacte très faiblement sur l’environnement, d’où sont acceptation dans les produits bio et certifiés Ecocert.

      Pour ce qui est des savons saponifiés à froid, allez faire un petit tour sur le blog, vous verrez que j’en fabrique également et ce qui est sûr, c’est qu’ils sont nettement plus intéressants que les tensioactifs ! (mais ici, pour un shampoing solide, un savon saponifié à froid ne convient pas : trop alcalin).

      Merci pour vos encouragements. 😉

  2. alian dit :

    Merci pour votre site, très bien documenté!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s