Ayurvéda: tendre vers l’équilibre

ayur

Bonjour lecteurs !
J’ai beaucoup réfléchi avant d’écrire cet article. Je commençais à l’écrire, à rassembler des infos. Et puis je recommençais, j’arrêtais etc. Il m’a été difficile de pouvoir mettre des mots sur l’Ayurvéda.
En effet, ce nom désigne en sanskrit « Science de la vie ». Comment appréhender la science de la vie par des mots ?
N’étant pas satisfait de mon approche pour rédiger, j’ai préféré vous parler de l’Ayurvéda le plus simplement possible. Sans aller dans les infimes détails, de même que je ne rendrai pas sa compréhension bien compliquée.
Alors comment faire ? Commençons par le début.

Comme je viens de le dire, l’Ayurvéda signifie « Connaissance de la vie ». Un terme qui englobe de larges significations. Il renvoie à une hygiène de vie ancestrale, qui a été pratiquée il y a environ 5000ans, dans l’Inde profonde. Cette hygiène de vie englobe l’alimentation, l’exercice physique, la médecine, la méditation, la vision que l’on peut avoir du monde etc. Contrairement à d’autres disciplines anciennes, l’Ayurvéda appelle à se renouveler, à se compléter époque après époque.
Les sages indiens ont ainsi compilé de très nombreuses indications à suivre au quotidien pour correspondre à cette hygiène de vie. Aujourd’hui encore, l’Ayurvéda est très vivace en Inde et les sages continuent d’y apporter leurs précieuses contributions.

Mais quel en est le but ? Il est simple : chercher l’équilibre du corps et de l’esprit, pour vivre en paix avec soi-même et avec les autres et profiter pleinement de ce que la vie nous offre.
L’Ayurvéda partage avec la Médecine Traditionnelle Chinoise et la médecine hippocratique la théorie des caractères. Pour mieux comprendre de quoi il s’agit, je vais expliquer plus en détails.

Doshas et personnalité :

La théorie des caractères, ou des humeurs repose sur l’idée que le corps et l’esprit sont sujets à l’influence de deux grands facteurs. Des facteurs environnementaux et des facteurs physiologiques.
Pour les facteurs physiologiques, on reconnaît le sang, le phlegme, la bile, l’atrabile. Ces liquides corporels induisent des réactions. Lorsqu’il y a prédominance de l’effet d’un de ces liquides, alors l’individu voit son caractère modifié pour correspondre à ce liquide. Ainsi, le sang en excès donnera un caractère « sanguin » à celui qui le subi. De même que ces liquides peuvent donc provoquer des maladies lorsqu’ils sont en déséquilibre.
Pour les facteurs environnementaux, le lieu de vie ainsi que les saisons jouent leurs rôles dans cette théorie.
Tout cela est intimement lié aux éléments : Eau, Terre, Feu, Air. Ils correspondent chacun à un des liquides et génèrent, par combinaisons, des « humeurs » différentes, ainsi que des conditions de santé différentes.
Ces éléments ne sont pas toujours à prendre au pied de la lettre. Ils désignent avant tout des énergies (ou forces) de la Nature.

Les médecins adeptes de cette théorie vont alors utiliser les plantes, les aliments ainsi que les minéraux pour soigner. Car ils considèrent qu’une plante (ou aliment ou pierre) est liée à un élément.
Ainsi, une personne présentant un excès de feu (lié à un excès de sang, par exemple) se verra prescrire des plantes liées à l’eau, pour réduire cet excès.

Vous comprenez le principe ? Bien.
Passons désormais à la compréhension des éléments et de leurs impacts.

Terre : cet élément est froid et sec. Il représente la matière et tout ce qui la structure. Il est solidité, lourdeur et stabilité.
Eau : origine de la vie, elle est capable de prendre n’importe quelle forme. Elle transporte ce qui entre en contact avec elle. Elle est dense et fluide.
Air : il est sec (dans l’Ayurvéda), léger et impalpable.
Feu : très léger, il se déplace vers le haut. Il représente l’énergie qui transforme.

Un cinquième élément intervient : Ether, ou l’Esprit.
Certains pensent que tous les éléments viennent de lui. Il est la clef de voûte de la structure que forment les quatre éléments.

Ces éléments, lorsque combinés entre eux, forment ce que l’on nomme les « Doshas ».
Ce sont 3 énergies vitales manifestées dans le corps. Il y a Vâtâ, Pitta, Kapha.
Chaque dosha a son rôle à jouer dans l’équilibre du corps et correspond alors à des fonctionnements de celui-ci.

vâtâVâtâ : combine l’air et l’éther. Très léger, il est froid et sec, mobile et subtil. Il siège dans le côlon. Il correspond à la peau, au système nerveux, aux mécanismes de la pensée, aux oreilles. Il permet ainsi toutes les sensations, la parole. Il gère toutes les cavités du corps, les articulations.
Il est lié à l’agilité, la rapidité, la réflexion rapide et la créativité.

 

pittaPitta : combine le feu et l’eau. Il se situe principalement dans l’estomac ainsi que l’intestin grêle. Il est la chaleur qui transforme ce que l’on assimile. Il correspond au foie, au sang, à la vésicule biliaire, aux glandes endocrines. Il permet le bon fonctionnement du métabolisme notamment des échanges intercellulaires et est lié à la température du corps. Il est lié au dynamisme, à la vitalité, la joie et l’ambition.

 

kaphaKapha : combine la terre et l’eau. Il siège dans l’estomac et les poumons. Il gère les fluides tels que la lymphe, la salive, le liquide synovial et le mucus. Il est lié aux muqueuses, au nez, au tissu adipeux ainsi qu’aux organes génitaux. Il est responsable du goût et des odeurs que l’on ressent.Il génère le sentiment de force et d’équilibre.

 

 

Ces trois doshas sont présents chez tout être humain, dès la naissance. Généralement, il y a prédominance d’un dosha sur les deux autres.
Le lieu dans lequel on grandit, l’environnement social, l’éducation au sens large, l’alimentation etc. sont des facteurs qui vont venir forger le profil « doshique » d’une personne. Bien sûr, rien n’est totalement scellé : en fonction des âges de la vie, la prédominance peut varier.
Ainsi, une personne jeune ayant une prédominance de Vâtâ et Pitta peut avoir, en vieillissant, une prédominance de Vâtâ et Kapha. De même que votre hygiène de vie peut venir modérer cette prédominance.

Physiquement, la prédominance peut se marquer par des signes que l’on peut repérer.
Vous pouvez réaliser ce test (clic) qui vous permettra de savoir quels doshas prédominent et donc, votre constitution. Répondez le plus honnêtement possible. Et notez qu’il s’agit là d’un moyen de connaître globalement votre dosha dominant, ce test n’est pas ultra précis.

Un dosha qui prédomine est le signe qu’il peut, à l’excès, provoquer divers troubles qui lui sont liés. Ainsi, une personne à dominance Kapha pourra, à l’excès, être sujette au diabète, à l’obésité ou encore à des pathologies ORL.

Connaître cela permet notamment de bien choisir son alimentation en fonction de sa constitution ainsi que de bien choisir les plantes adaptées pour corriger certains troubles liés à un fort déséquilibre.

Rechercher l’équilibre :

Nous l’avons vu plus haut, l’objectif de l’Ayurvéda est de tendre vers l’équilibre.
Certains de nos comportements quotidiens conduisent à creuser le déséquilibre que nous avons initialement chez nos doshas. Les sages indiens ont bien observé la nature et tout ce qui la compose. Ils ont ainsi transmis aux générations futures un savoir unique concernant les plantes. Ils ont bien compris que chacune d’elle est liée à un élément. Et que, par voie de conséquence, chaque plante va pouvoir agir sur un ou plusieurs doshas.

Ainsi les médecins ayurvédique, en observant un trouble, cherchent d’abord la constitution de la personne et essayent de comprendre le déséquilibre en présence. En comprenant ce déséquilibre, ils vont prescrire des plantes qui vont agir en le contrebalançant.

Par exemple, une personne de constitution à dominante Kapha et qui présente une sinusite chronique indique un déséquilibre encore plus marqué de Kapha. Ainsi, le médecin ayurvédique va prescrire des plantes sèches, telle que le Bibhitaki (Terminalia belerica), une plante indienne appelée Myrobolan bellerique par chez nous, qui va diminuer Kapha et augmenter Vâtâ.

Au-delà de ces médications végétales, l’Ayurvéda représente également un art de vivre. Notamment au travers de l’alimentation. À l’instar des plantes médicinales, les aliments évidemment liés aux éléments, agissent sur l’équilibre des 3 doshas. En fonction de votre constitution, vous pouvez adapter vos repas en intégrant des aliments qui vont vous tendre vers cet équilibre.

En parallèle, l’activité physique fait également partie de cette discipline holistique.
Ce n’est un secret pour personne, bouger fait du bien au corps et à l’esprit. Chaque année, de nouvelles études scientifiques en prouvent les effets bénéfiques sur le métabolisme et ses mécanismes. Mais l’Ayurvéda recommande d’adapter notre pratique physique en fonction de notre constitution.
Ainsi, une personne de constitution Vâtâ préfèrera s’adonner à des pratiques sportives plutôt douces telles que le taï chi, ou le yoga, la marche.
Une personne de constitution Pitta évitera de préférence les sports de compétition.
Ceux qui ont une dominante Kapha se tourneront davantage vers des sports d’endurance.

Pour vous guider :

Voici deux ouvrages que je trouve très intéressants.
indexLe premier est écrit par Judith H. Morrison : Le livre de l’Ayurvéda. Le guide personnel du bien-être, édité chez Le Courrier du Livre.
Cet ouvrage, d’un peu moins de 200 pages, permet de débuter dans l’Ayurvéda, d’en comprendre les principes fondamentaux. L’auteur explique de manière assez claire les notions clefs. Elle donne de bonnes astuces pour prévenir les désordres de santé liés aux déséquilibres des doshas. De l’alimentation aux exercices physiques, en passant par le sommeil et les émotions, elle aborde de nombreux domaines.
Ce livre est vraiment fait pour débuter, car les notions ne sont pas toujours développées dans le détail. Néanmoins, il reste une bonne référence à avoir sous la main.

Le second est écrit par le Dr David Frawley et le Dr Vasant Lad : La divinité des plantes. index2Guide ayurvédique de phytothérapie, aux éditions Turiya.
En passionné de phytothérapie et amateur d’Ayurvéda, je ne pouvais passer à côté. ^^
Cet ouvrage a été rédigé pour les occidentaux. En effet, la médecine ayurvédique emploie des plantes locales, à savoir : des plantes indiennes. Malheureusement, un grand nombre de ces plantes nous sont inconnues et/ou introuvables sur le Marché. Ainsi, ces deux auteurs ont décidé de réaliser la monographie de bon nombre de plantes employées en phytothérapie occidentale, mais sous le regard de l’Ayurvéda. Point très intéressant, ils expliquent l’aspect énergétique des plantes sous ce même regard. Je réaliserai sans doute une fiche critique de ce livre, tant il est intéressant.

Discipline holistique:

Comme nous avons pu le voir, l’Ayurvéda est une discipline holistique. C’est-à-dire qu’elle ne fait pas que soigner les symptômes de nos troubles quotidiens. Elle incarne avant tout une hygiène de vie préventive. Elle aborde les multiples facettes qui font de nous ce que nous sommes : corps, esprit, environnement, éducation, comportement, émotions etc.

Bien au-delà des affiches de spa, l’Ayurvéda est une philosophie de vie où l’Homme doit chercher à s’accomplir à travers l’équilibre. Mais la sagesse des indiens nous enseigne que cet équilibre n’est jamais réellement atteint chez l’Homme. Le plus important au regard de l’Ayurvéda est donc de chercher constamment à atteindre cet équilibre.

Philosophie séduisante pour nos esprits occidentaux, bien trop souvent bousculés par un mode de vie désaxé. Nous pouvons en effet trouver dans cette discipline de quoi comprendre ce qui se passe dans notre vie, de même que ses outils nous permettent de sillonner sur le chemin de l’équilibre.

L’Apothicaire. 🙂

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2 commentaires pour Ayurvéda: tendre vers l’équilibre

  1. danysis dit :

    Hé Bé, chapeau bas l’ami ! Les plumes de mon chapeau en touchent le sol 😉
    Voilà un superbe texte, bien élaboré, et rien a y redire… ton cerveau a du « bouillir » mais ça en valait la peine que tu t’es donnée. Intéressant ce post. Merci à toi pour ceux qui n’y 😦 connaissaient rien … et moi j’en ai un peu plus appris 😉
    Pour le test et savoir quel dosha domine = auswerting en ce qui me concerne. Voilà la belle affaire ! avec ça je vais pouvoir améliorer mes tracas, c’est sûr 😉

    • L'Apothicaire dit :

      Merci Danysis! 🙂
      Oui, c’est vrai que ce n’est pas toujours simple de synthétiser un savoir aussi vaste et complexe !
      En tout cas, je ravi si ça t’a permis d’en apprendre un peu plus. 🙂

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